Saint-Louis, ancienne capitale du Sénégal et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, fait face à un danger croissant. Située sur une île au confluent du fleuve Sénégal et de l’océan Atlantique, la ville subit de plein fouet la montée des eaux et les effets du changement climatique.
Chaque saison des pluies apporte son lot d’inondations. Les digues, déjà fragilisées, peinent à contenir le fleuve. De nombreux habitants ont dû quitter leurs maisons fissurées ou effondrées. Les quartiers historiques, bâtis à l’époque coloniale, voient leurs fondations rongées par l’humidité et le sel.
« Les vagues arrivent jusque dans les rues. Certaines familles dorment la nuit sur les toits pour échapper à l’eau », témoigne un habitant du quartier de Guet Ndar.
La ville, autrefois surnommée la "Venise africaine", est reconnue pour son architecture coloniale : balcons en fer forgé, façades colorées, et ruelles étroites. Mais ces trésors architecturaux se dégradent rapidement. L’érosion côtière et la montée du niveau marin menacent d’effacer des siècles d’histoire urbaine.
Les autorités locales, avec l’aide de l’UNESCO, tentent de préserver les bâtiments emblématiques. Des projets de réhabilitation et de relogement sont en cours, mais les moyens restent limités. Le défi est de protéger à la fois le patrimoine et les milliers de résidents vivant dans les zones à risque.
« Sauver Saint-Louis, c’est sauver une part de la mémoire de l’Afrique de l’Ouest », estime une responsable du patrimoine culturel.
La population, partagée entre attachement à ses racines et nécessité de survivre, regarde l’avenir avec inquiétude. Sans action climatique globale et une meilleure gestion du littoral, Saint-Louis pourrait devenir l’un des premiers symboles africains d’un patrimoine englouti.
Résumé auteur : Saint-Louis, joyau du patrimoine sénégalais, lutte pour sa survie face à la montée des eaux et à l’érosion, menaçant ses habitants comme son héritage historique.